Combattre l’anxiété de performance par l’adoption de rituels

Avant une compétition, êtes-vous du genre à trainer une breloque spécifique à tout coup, ou encore à écouter systématiquement la même chanson ? Vous n’êtes pas les seuls à adopter des rituels sportifs ! Par exemple, Wade Boggs, joueur des Red Sox de Boston, a mangé des ailes de poulet avant chacun de ses matchs, croyant que cette pratique augmenterait sa performance. Serena Williams, quant à elle, frappe la balle cinq fois au sol avant chaque service. Pas quatre, pas sept… cinq fois. Sydney Crosby, quant à lui, porte spécifiquement une casquette par saison, et fera tout pour ne pas déroger à cette pratique. Il prend aussi soin de toujours aligner son équipement de hockey de la même façon, de droite à gauche. Bref…  l’utilisation de rituels, c’est très fréquent dans le monde du sport professionnel !

Ces athlètes de haute performance admettent utiliser ce type de rituels afin de diminuer un phénomène hautement connu : l’anxiété de performance. Une étude récente publiée dans le journal Organizational behavior and human decision processes s’est donc penchée sur une question triviale : l’utilisation de rituels augmente-t-elle réellement la performance ?  Et si elle y arrive, comment ça fonctionne ?

Les rituels sous la loupe de la science

Afin de répondre à cette question, une équipe de recherche américaine a recruté 80 participants et leur ont demandé d’effectuer une tâche anxiogène en laboratoire : chanter devant un auditoire. Avant cette tâche de performance, les participants étaient divisés en deux conditions : adopter un rituel ou attendre passivement avant la tâche (condition contrôle). Le rituel qu’ils demandaient de performer est bien simple : les participants devaient dessiner leur état psychologique sur une feuille de papier, jeter du sel sur ce dessin, compter jusqu’à cinq à voix haute, mettre le papier en boule puis le jeter au sol. Le niveau de performance des participants à la tâche de chant a été mesuré à l’aide d’une technologie permettant de quantifier la qualité du chant. Suite à cette tâche, les participants ont aussi remplis une mesure de l’anxiété qu’ils ont ressentie avant et durant la tâche de chant.

 Les résultats ont démontré que le groupe de participants qui ont adopté un rituel ont mieux performé la tâche de chant que le groupe dans la condition contrôle ! De plus, ils ont statistiquement démontré que les rituels venaient augmenter la performance parce qu’ils diminuent l’anxiété.

La boite à outils

Vous vous demandez si vos habitudes pré-compétitions peuvent être qualifiées de « rituels » ? Selon la science, un rituel est par définition : « un comportement ou une action effectué avec une séquence définie et répétitive, qui possède une signification symbolique et qui n’a pas d’impact concret sur la performance ». Par exemple, si on se fit à cette définition, boire des « shakes » de protéines avant chaque match ne serait donc pas considéré comme un rituel, parce que ce comportement a de réelles chances d’affecter la performance ! Aligner son linge de sport de façon spécifique, en contrepartie, a une signification symbolique qui ne devrait pas concrètement affecter la performance sportive, et est donc considéré comme un rituel.

Donc, que doit-on retenir de cette étude ?

  • L’anxiété de performance nuit à la performance sportive
  • L’adoption de rituels réduit l’anxiété et vient optimiser les performances sportives  (!)

Et vous, avez-vous des rituels ?

Référence : Brooks, A. W., Schroeder, J., Risen, J. L., Gino, F., Galinsky, A. D., Norton, M. I., & Schweitzer, M. E. (2016). Don’t stop believing: Rituals improve performance by decreasing anxiety. Organizational Behavior and Human Decision Processes137, 71-85.

Catherine Raymond

Bachelière en psychologie et doctorante en neuroscience, je rêve depuis que je suis toute petite d’en apprendre d’avantage sur cet organe intrigant qu’est le cerveau ! Aujourd’hui, chargée de cours à l’Université de Montréal et éditrice en chef d’un magazine visant à la vulgarisation du savoir scientifique dans le domaine du stress, je suis passionnée de la science dans le domaine de la santé. 

Mon objectif chez Optima : vous rendre le savoir scientifique accessible et compréhensible ! Vous avez des idées de chroniques ou vous aimeriez en savoir d’avantage sur un sujet ? Écrivez-moi au justin@optimamtl.com.