L’anxiété de performance, le talon d’Achille du sportif

Être athlète : ça vient avec des avantages et des désavantage

Les athlètes de compétition sont parmi les populations les plus en santé, ça il n’y a pas de doute ! Plusieurs études ont d’ailleurs recensé un plus faible taux de maladies chroniques (tels que les troubles cardiovasculaire et le diabète) chez cette population particulière que sont les sportifs. Ceci dit, bien que cette carrière soit associée à de nombreux avantages tels que la santé et la renommée parfois mondiale, elle vient avec un revers de la médaille considérable… l’évaluation constante en contexte de compétition. Alors que certains carburent à cette évaluation, d’autres y développent une anxiété importante. Mais qu’en est-il de l’impact de cette anxiété ressentie par certains athlètes sur leur performance en contexte d’évaluation ? Augmente-t-elle les taux de succès, ou bien au contraire, viennent-elles affecter la performance au point de devenir un important tendon d’Achille ? Une étude récente publiée dans le journal Developmental Neuropsychology a répondu à cette question !

L’anxiété de performance sportive sous la loupe de la science

 Pour répondre à cette importante question de recherche, l’équipe de recherche new-yorkaise a recruté plusieurs athlètes universitaires qui possédaient des niveaux soit très élevés ou très faibles en anxiété de performance sportive et leur ont demandé d’effectuer une tâche de performance cognitive dans l’une ou l’autre de ces conditions : avec un évaluateur qui jugeait de leur performance, ou bien sans contexte d’évaluation (groupe contrôle). Durant cette tâche, les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale des sportifs à l’aide d’un électroencéphalogramme (une technique permettant de mesurer l’activité électrique du cerveau) afin de quantifier l’activité des régions impliquée dans le « monitoring » de l’erreur.

Alors, est-il vrai que les athlètes anxieux ont plus de risque de « choke under pressure » ?  Oui ! En fait, les scientifiques ont démontré que les athlètes présentant un haut niveau d’anxiété de performance n’effectuaient pas plus d’erreurs à proprement parler durant la tâche que ceux étant moins anxieux. Cependant, une activité cérébrale accrue des régions cérébrales impliquées dans le « monitoring » de l’erreur a été notée dans la condition d’évaluation (en comparaison à la condition contrôle), et ce, seulement chez les athlètes anxieux ! Ce que ces résultats signifient, c’est que les sportifs anxieux sont plus conscients de leur risque d’erreurs lorsqu’ils sont en contexte d’évaluation, ce qui réduit les ressources qui sont disponibles afin de bien performer la tâche. Les chercheurs rappellent d’ailleurs que bien qu’aucune différence au niveau de l’erreur n’ait été notée entre les groupes, il est possible de croire que si la tâche avait été plus complexe (telle qu’une réelle compétition sportive), les sportifs anxieux auraient bel et bien effectué plus d’erreurs dans la condition d’évaluation !

La boite à outils

Donc, que doit on retirer des conclusions de cette étude ?

1-L’anxiété de performance réduit les ressources cérébrales nécessaires afin de bien performer en contexte d’évaluation

2-Il est non seulement important de se maintenir en formes afin de bien performer… Il est aussi primordial de gérer son stress et son anxiété !

Si vous avez besoin de ressources afin de négocier votre stress au quotidien, je vous suggère le site web suivant qui est administré par des chercheurs de chez nous: stresshumain.ca

 

Référence : Masaki, H., Maruo, Y., Meyer, A., & Hajcak, G. (2017). Neural Correlates of Choking Under Pressure: Athletes High in Sports Anxiety Monitor Errors More When Performance Is Being Evaluated. Developmental Neuropsychology, 42(2), 104-112.

Catherine Raymond

Bachelière en psychologie et doctorante en neuroscience, je rêve depuis que je suis toute petite d’en apprendre d’avantage sur cet organe intrigant qu’est le cerveau ! Aujourd’hui, chargée de cours à l’Université de Montréal et éditrice en chef d’un magazine visant à la vulgarisation du savoir scientifique dans le domaine du stress, je suis passionnée de la science dans le domaine de la santé. 

Mon objectif chez Optima : vous rendre le savoir scientifique accessible et compréhensible ! Vous avez des idées de chroniques ou vous aimeriez en savoir d’avantage sur un sujet ? Écrivez-moi au justin@optimamtl.com.